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Mon billet du 20 octobre

26 oct. 07, 14h49

Ce n’est un secret pour personne, un séjour prolongé loin des siens représente une dure épreuve tant pour la personne absente que pour celles et ceux qui restent derrière.

Dans la plupart des cas, tout se passe bien et le retour au bercail constitue parfois même une occasion de réaffirmer, voire renforcer, des liens que nous avons avec les gens qui nous sont chers.

Cependant, tous n’ont pas cette chance et il arrive que, pour certains militaires déployés en Afghanistan, cette mission constitue une bataille sur d’autres fronts.

Originaire de Boucherville, le caporal C. (qui requiert l’anonymat) est membre du Régiment de Maisonneuve, une unité de réserve basée à Montréal. Le jeune homme de 24 ans a entamé, un peu avant son départ pour Kandahar, une relation amoureuse avec J., une amie qu’il connaissait déjà depuis quelques années.

Cette relation était, selon lui, très prometteuse. Les signes allant en ce sens ne manquaient pas. Les vacances pré-déploiement furent une occasion dorée pour profiter du moment présent et pour tisser des liens que le jeune fantassin, célibataire de longue date, espérait assez forts pour endurer les sept longs mois qui allaient le séparer de sa nouvelle douce. Le jour fatidique du départ, les promesses mutuelles de fidélité – et de s’écrire - étaient empreintes d’une apparente sincérité, teintée chez elle de larmes qui, plus tard, devaient s’avérer être de crocodile.

Les premières semaines allaient bon train et les amoureux parvenaient à maintenir en vie cette relation naissante par le biais d’une brûlante correspondance qui serait inappropriée de citer ici sans exiger de pièce d’identité. Tous dans l'entourage du caporal C. pouvaient témoigner de l’éclat de ses yeux à la moindre référence faite de sa « beauté blonde » et de son excitation à l’idée d’être enfin réunis au terme de son engagement en Afghanistan.

Puis, soudain, les courriels se faisaient plus rares, plus impersonnels. « Une mauvaise passe », pensait-il. Ça arrive, même aux couples les plus solides. « Après tout, on est loin, c’est normal. »

Un jour, plus rien. Le vide. Plus de nouvelles pendant presqu’une semaine. Puis le moment redouté, connu dans un certain jargon sous le nom de « Dear John letter », nom affublé aux lettres de rupture que les militaires déployés reçoivent et, comme tout le reste des épreuves quotidiennes, encaissent.

« Se faire domper, c’est dur. À distance, comme ça, c’est pire », pense-t-il. Son moral s’est ancré dans ses talons de bottes durant des jours, au point de lui en donner des ampoules. Son salut est venu du soutien de ses confrères d’armes, dont certains ont marché le même sentier. Cette forme de solidarité, tissée au fil des défis relevés ensemble et qui existe comme nulle part ailleurs, devrait figurer au palmarès des remèdes-miracles, au même titre que la tisane de grand-maman et un voyage à Lourdes. C’est ce qui a permis à C. de retrouver le moral rapidement.

Heureusement, toute médaille a son revers, et l’histoire du sergent Richard T., du régiment Canadian Grenadier Guards à Montréal, en est une des plus heureuses, envers et contre tout.

Marié à Élizabeth, le sergent T., aussi réserviste, s’est porté volontaire l’an dernier pour être déployé en Afghanistan. Alors que l’entraînement battait son plein, c’est le coeur du petit Trevor qui se mit à battre dans le ventre de la jeune mère. Malgré tout, le fantassin de 28 ans tenait à être déployé, et c’est avec la bénédiction de son épouse qu’il sert actuellement à Kandahar, la technologie l’aidant à suivre chacun des développements de sa jeune famille via webcam. Son épreuve, c’est celle de ne pas pouvoir assister aux premiers mois de la vie de son fils, mais le soutien d’Élizabeth et de savoir Trevor bien portant suffit à garder son moral gonflé à bloc.

De tout temps, le moral des troupes fait partie des nombreux « nerfs » des opérations militaires et, évidemment, il n’est pas infaillible. Quelles que soient les épreuves que les militaires doivent traverser, le soutien des proches et des confrères est crucial. Et le simple fait de l’avoir fait des miracles et permet d’espérer pouvoir accomplir n’importe quoi.

Catégories: Actualité
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