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Mon billet du 10 novembre

11 nov. 07, 12h41

KANDAHAR, Afghanistan – Depuis la mort du diplomate Glyn Berry en janvier 2006, la sécurité est devenue une préoccupation majeure pour l’Équipe Provinciale de Reconstruction de Kandahar. En conséquence, c’est en octobre de la même année que fut déployée la compagnie de Protection de la force (cie FP), chargée de la sécurité de l’ÉPRK.

            Depuis son implantation, elle a maintes fois prouvé son utilité, assurant aux membres militaires et non-militaires de L’ÉPRK un sentiment de quiétude qui, faut-il l’avouer, serait absent étant donné le climat actuel dans la province de Kandahar. Historiquement, l’activité ennemie diminue alors qu’arrivent les mois plus froids et pluvieux qui couvrent la période de la fin du Ramadan à la fin de l’hiver. Cette année, l’insurrection talibane tente de maintenir sa présence dans la région de Kandahar toute l’année durant.

            Durant la dernière semaine d’octobre, quelques trois cents insurgés, selon certaines estimations, se sont sournoisement installés dans le district d’Arghandab, dont seule la rivière éponyme la sépare de la ville de Kandahar. Ce district, fortement fréquenté par les équipes de reconstruction - certaines constituées de civils non-combattants - devenait lentement, pour la première fois dans l’histoire récente, un repaire d’insurgés, suite au décès du mullah Naqib, un chef de guerre local qui soutenait la présence internationale.

            Les « Dare Devils Â» de la compagnie D, surnom des militaires de la FP, furent parmi les premiers à rapporter les nombreux déplacements ainsi que les changements d’attitude dans la population civile. Des familles quittaient la région, leurs effets tenant à peine sur les chariots tirés à dos d’âne, jusqu’aux parents interdisant à grands coups de fessées à leurs enfants de saluer les convois canadiens. Il était clair que la situation, pourtant calme depuis longtemps, se détériorait au point où les opérations de L’ÉPRK étaient dorénavant compromises.

            Le peloton 11, sous le commandement intérim de l’adjudant Grenier, ont reçu comme tâche de soutenir l’avance de l’armée nationale afghane qui tâchait de nettoyer les poches de résistance, au sein d’une équipe de combat amassée de toute urgence. Un premier détachement, dirigé par le sergent Trudeau, avait d’abord sécurisé le siège du conseil de district, menacé à tout moment de tomber entre les mains des insurgés déterminés à prendre l’Arghandab qui, le cas échéant, leur assurerait un accès direct à la ville de Kandahar.

            C’est sous un feu ennemi constant que les fantassins du « 11 Â» passèrent les quatre jours suivants, participant à l’effort collectif qui permit de déloger les insurgés de l’Arghandab.

            Dans les 48 heures précédant la fin des opérations, le peloton 10 du lieutenant Beauchamp est venu relever le « 11 Â», enfin de retour au camp Nathan Smith pour prendre un peu de repos. Le « 10 Â» revenait tout juste d’une semaine dans le district de Zhari, occupé entre autres à escorter les membres de la coopération civilo-militaire, chargée des différents projets de reconstruction.

            Pendant ce temps, le peloton 12 devait, quant à lui, assurer la sécurité du camp Nathan Smith, en plus d’assurer les patrouilles dans la ville même. Une tâche qui, de prime abord, semble banale mais qui, dans le contexte d’alors, s’est révélée cruciale, le camp de l’ÉPRK étant situé à un peu plus d’un kilomètre de la rivière Arghandab. Bien que l’insurrection lorgnait vraisemblablement vers cet objectif potentiel, les membres du « 12 Â» étaient prêts à la repousser.

            Alors que tout pointait vers un hiver relativement calme, cette semaine est venue rappeler à L’ÉPRK que la guerre n’est jamais loin, et ce de façon un peu brutale. Le temps d’une opération, la mission des fantassins de la compagnie FP a quelque peu changé, mais cette dernière a fait preuve d’une adaptabilité hors du commun, malgré trois mois à vaquer à des tâches d’escorte. Une tâche quelque peu différente des missions de combat de leurs frères d’armes du groupement tactique.

Si, à une certaine époque, elle n’était pas considérée nécessaire, la compagnie FP a prouvé sa grande flexibilité et, à nouveau, les membres de L’ÉPRK, civils comme militaires, savent qu’ils peuvent accomplir leur mission dans un climat sécuritaire.

Glyn Berry est, quant à lui, immortalisé sur le camp Nathan Smith par une salle de conférence portant son nom.

Catégories: Actualité
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