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<channel><title>EspaceCanoë / CaporalMForgues / Billets / Récents</title>
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<title>EspaceCanoë / CaporalMForgues / Billets / Récents</title>
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<author>support@espacecanoe.com (EspaceCanoe)</author>
<title>Mon billet du 10 novembre</title>
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<description>&lt;p&gt;KANDAHAR, Afghanistan – Depuis la mort du diplomate Glyn Berry en janvier 2006, la sécurité est devenue une préoccupation majeure pour l’Équipe Provinciale de Reconstruction de Kandahar. En conséquence, c’est en octobre de la même année que fut déployée la compagnie de Protection de la force (cie FP), chargée de la sécurité de l’ÉPRK.&lt;/P&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Depuis son implantation, elle a maintes fois prouvé son utilité, assurant aux membres militaires et non-militaires de L’ÉPRK un sentiment de quiétude qui, faut-il l’avouer, serait absent étant donné le climat actuel dans la province de Kandahar. Historiquement, l’activité ennemie diminue alors qu’arrivent les mois plus froids et pluvieux qui couvrent la période de la fin du Ramadan à la fin de l’hiver. Cette année, l’insurrection talibane tente de maintenir sa présence dans la région de Kandahar toute l’année durant.&lt;/P&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Durant la dernière semaine d’octobre, quelques trois cents insurgés, selon certaines estimations, se sont sournoisement installés dans le district d’Arghandab, dont seule la rivière éponyme la sépare de la ville de Kandahar. Ce district, fortement fréquenté par les équipes de reconstruction - certaines constituées de civils non-combattants - devenait lentement, pour la première fois dans l’histoire récente, un repaire d’insurgés, suite au décès du mullah Naqib, un chef de guerre local qui soutenait la présence internationale. &lt;/P&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les «&amp;nbsp;Dare Devils&amp;nbsp;» de la compagnie D, surnom des militaires de la FP, furent parmi les premiers à rapporter les nombreux déplacements ainsi que les changements d’attitude dans la population civile. Des familles quittaient la région, leurs effets tenant à peine sur les chariots tirés à dos d’âne, jusqu’aux parents interdisant à grands coups de fessées à leurs enfants de saluer les convois canadiens. Il était clair que la situation, pourtant calme depuis longtemps, se détériorait au point où les opérations de L’ÉPRK étaient dorénavant compromises.&lt;/P&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le peloton 11, sous le commandement intérim de l’adjudant Grenier, ont reçu comme tâche de soutenir l’avance de l’armée nationale afghane qui tâchait de nettoyer les poches de résistance, au sein d’une équipe de combat amassée de toute urgence. Un premier détachement, dirigé par le sergent Trudeau, avait d’abord sécurisé le siège du conseil de district, menacé à tout moment de tomber entre les mains des insurgés déterminés à prendre l’Arghandab qui, le cas échéant, leur assurerait un accès direct à la ville de Kandahar.&lt;/P&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; C’est sous un feu ennemi constant que les fantassins du «&amp;nbsp;11&amp;nbsp;» passèrent les quatre jours suivants, participant à l’effort collectif qui permit de déloger les insurgés de l’Arghandab.&lt;/P&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Dans les 48 heures précédant la fin des opérations, le peloton 10 du lieutenant Beauchamp est venu relever le «&amp;nbsp;11&amp;nbsp;», enfin de retour au camp Nathan Smith pour prendre un peu de repos. Le «&amp;nbsp;10&amp;nbsp;» revenait tout juste d’une semaine dans le district de Zhari, occupé entre autres à escorter les membres de la coopération civilo-militaire, chargée des différents projets de reconstruction. &lt;/P&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Pendant ce temps, le peloton 12 devait, quant à lui, assurer la sécurité du camp Nathan Smith, en plus d’assurer les patrouilles dans la ville même. Une tâche qui, de prime abord, semble banale mais qui, dans le contexte d’alors, s’est révélée cruciale, le camp de l’ÉPRK étant situé à un peu plus d’un kilomètre de la rivière Arghandab. Bien que l’insurrection lorgnait vraisemblablement vers cet objectif potentiel, les membres du «&amp;nbsp;12&amp;nbsp;» étaient prêts à la repousser. &lt;/P&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Alors que tout pointait vers un hiver relativement calme, cette semaine est venue rappeler à L’ÉPRK que la guerre n’est jamais loin, et ce de façon un peu brutale. Le temps d’une opération, la mission des fantassins de la compagnie FP a quelque peu changé, mais cette dernière a fait preuve d’une adaptabilité hors du commun, malgré trois mois à vaquer à des tâches d’escorte. Une tâche quelque peu différente des missions de combat de leurs frères d’armes du groupement tactique. &lt;/P&gt;&lt;p&gt;Si, à une certaine époque, elle n’était pas considérée nécessaire, la compagnie FP a prouvé sa grande flexibilité et, à nouveau, les membres de L’ÉPRK, civils comme militaires, savent qu’ils peuvent accomplir leur mission dans un climat sécuritaire.&lt;/P&gt;&lt;p&gt;Glyn Berry est, quant à lui, immortalisé sur le camp Nathan Smith par une salle de conférence portant son nom.&lt;/P&gt;</description>
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<pubDate>Sun, 11 Nov 2007 12:41:00 -0500</pubDate>
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<author>support@espacecanoe.com (EspaceCanoe)</author>
<title>Rupture du silence radio.</title>
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<description>Tout d'abord, je tiens à m'excuser de ce silence un peu long, mais les trois dernières semaines furent très chargées pour l'Équipe Provinciale de Reconstruction...Plus de détail à venir au cours des prochains billets.&lt;br&gt;&lt;br&gt;Je vous écris ici sous une forme un peu plus personnelle pour vous rassurer, le blogue reprendra son train normal au cours des prochaines semaines.&lt;br&gt;&lt;br&gt;Bonne lecture! &lt;br&gt;&lt;br&gt;Cplc M. Forgues&lt;br&gt;</description>
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<pubDate>Sun, 11 Nov 2007 02:03:43 -0500</pubDate>
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<author>support@espacecanoe.com (EspaceCanoe)</author>
<title>Mon billet du 20 octobre</title>
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<description>&lt;p&gt;Ce n’est un secret pour personne, un séjour prolongé loin des siens représente une dure épreuve tant pour la personne absente que pour celles et ceux qui restent derrière.&lt;br&gt;&lt;br&gt;Dans la plupart des cas, tout se passe bien et le retour au bercail constitue parfois même  une occasion de réaffirmer, voire renforcer, des liens que nous avons avec les gens qui nous sont chers.&lt;br&gt;&lt;br&gt;Cependant, tous n’ont pas cette chance et il arrive que, pour certains militaires déployés en Afghanistan, cette mission constitue une bataille sur d’autres fronts.&lt;br&gt;&lt;br&gt;Originaire de Boucherville, le caporal C. (qui requiert l’anonymat) est membre du Régiment de Maisonneuve, une unité de réserve basée à Montréal. Le jeune homme de 24 ans a entamé, un peu avant son départ pour Kandahar, une relation amoureuse avec J., une amie qu’il connaissait déjà depuis quelques années. &lt;br&gt;&lt;br&gt;Cette relation était, selon lui, très prometteuse. Les signes allant en ce sens ne manquaient pas. Les vacances pré-déploiement furent une occasion dorée pour profiter du moment présent et pour tisser des liens que le jeune fantassin, célibataire de longue date, espérait assez forts pour endurer les sept longs mois qui allaient le séparer de sa nouvelle douce. Le jour fatidique du départ, les promesses mutuelles de fidélité – et de s’écrire - étaient empreintes d’une apparente sincérité, teintée chez elle de larmes qui, plus tard, devaient s’avérer être de crocodile.&lt;br&gt;&lt;br&gt;Les premières semaines allaient bon train et les amoureux parvenaient à maintenir en vie cette relation naissante par le biais d’une brûlante correspondance qui serait inappropriée de citer ici sans exiger de pièce d’identité. Tous dans l'entourage du caporal C. pouvaient témoigner de l’éclat de ses yeux à la moindre référence faite de sa « beauté blonde » et de son excitation à l’idée d’être enfin réunis au terme de son engagement en Afghanistan.&lt;br&gt;&lt;br&gt; Puis, soudain, les courriels se faisaient plus rares, plus impersonnels. « Une mauvaise passe », pensait-il. Ça arrive, même aux couples les plus solides. « Après tout, on est loin, c’est normal. »&lt;br&gt;&lt;br&gt;Un jour, plus rien. Le vide. Plus de nouvelles pendant presqu’une semaine. Puis le moment redouté, connu dans un certain jargon sous le nom de « Dear John letter », nom affublé aux lettres de rupture que les militaires déployés reçoivent et, comme tout le reste des épreuves quotidiennes, encaissent.&lt;br&gt;&lt;br&gt;« Se faire domper, c’est dur. À distance, comme ça, c’est pire », pense-t-il. Son moral s’est ancré dans ses talons de bottes durant des jours, au point de lui en donner des ampoules. Son salut est venu du soutien de ses confrères d’armes, dont certains ont marché le même sentier. Cette forme de solidarité, tissée au fil des défis relevés ensemble et qui existe comme nulle part ailleurs, devrait figurer au palmarès des remèdes-miracles, au même titre que la tisane de grand-maman et un voyage à Lourdes. C’est ce qui a permis à C. de retrouver le moral rapidement.&lt;br&gt;&lt;br&gt;Heureusement, toute médaille a son revers, et l’histoire du sergent Richard T., du régiment Canadian Grenadier Guards à Montréal, en est une des plus heureuses, envers et contre tout.&lt;br&gt;&lt;br&gt;Marié à Élizabeth, le sergent T., aussi réserviste, s’est porté volontaire l’an dernier pour être déployé en Afghanistan. Alors que l’entraînement battait son plein, c’est le coeur du petit Trevor qui  se mit à battre dans le ventre de la jeune mère. Malgré tout, le fantassin de 28 ans tenait à être déployé, et c’est avec la bénédiction de son épouse qu’il sert actuellement à Kandahar, la technologie l’aidant à suivre chacun des développements de sa jeune famille via webcam. Son épreuve, c’est celle de ne pas pouvoir assister aux premiers mois de la vie de son fils, mais le soutien d’Élizabeth et de savoir Trevor bien portant suffit à garder son moral gonflé à bloc.&lt;br&gt;&lt;br&gt;De tout temps, le moral des troupes fait partie des nombreux « nerfs » des opérations militaires et, évidemment, il n’est pas infaillible. Quelles que soient les épreuves que les militaires doivent traverser, le soutien des proches et des confrères est crucial. Et le simple fait de l’avoir fait des miracles et permet d’espérer pouvoir accomplir n’importe quoi.&lt;/p&gt;</description>
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<pubDate>Fri, 26 Oct 2007 14:49:22 -0400</pubDate>
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<author>support@espacecanoe.com (EspaceCanoe)</author>
<title>Mon billet du 6 octobre</title>
<link>http://espace.canoe.ca/CaporalMForgues/blog/view/46931</link>
<description>Je vous invite à consulter mes nouvelles &lt;a target="_blank" href="http://espace.canoe.ca/CaporalMForgues/album/view/16961"&gt;photos&lt;/a&gt; ainsi que les &lt;a target="_blank" href="http://espace.canoe.ca/FdePierrebourg/blog"&gt;articles&lt;/a&gt; de Fabrice de Pierrebourg lors de son passage en Afghanistan.&lt;br&gt;&lt;br&gt;***&lt;br&gt;&lt;p&gt;Laplupart des grands médias qui couvrent la mission afghane parlent presqueexclusivement de ce que j’appellerais les «&amp;nbsp;trois C&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: combats,cercueils et controverses. Certains opposants parlent, à tort, de «&amp;nbsp;guerred’agression&amp;nbsp;» et d’&amp;nbsp;«&amp;nbsp;occupation&amp;nbsp;» (je me demanded’ailleurs si une force militaire qui est locataire du terrain sur lequel ellecampe peut être considérée comme un «&amp;nbsp;agresseur&amp;nbsp;» ou «&amp;nbsp;occupant&amp;nbsp;»).&lt;br&gt;&lt;br&gt;Certes, le volet comprenant lesmissions de combat sont importants, et elle produit de belles images à la télé. Cependant,tout un pan de la contribution canadienne en Afghanistan est, pour des raisonsque j’ignore, constamment oublié.&lt;br&gt;&lt;br&gt;Je parle ici de l’Équipe Provincialede Reconstruction de Kandahar, un groupe de quelques trois cents militairesdont la tâche est complètement à l’opposé de celle des unités de combat.&lt;br&gt;&lt;br&gt;Contrairement au groupementtactique, qui tâche à sécuriser et à stabiliser la région, l’ÉPRK est chargéeprincipalement de guider les autorités afghanes au-travers des différentsprojets de développement. Par le fait même, elle soutient le gouvernement localdans ses efforts pour faire reconnaître sa légitimité, de la ville de Kandaharjusqu’aux régions les plus reculées comme Panjwayi et Zhari, points chauds del’insurrection. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Missiontype &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;Lesoleil est à peine levé, par un matin plutôt froid. Dans un petit abri aumilieu du parc où sont stationnés les véhicules de combat de la Force deProtection, le commandant du convoi, finalise le briefing qui précèdeobligatoirement chaque tâche. Actions à prendre sur les lieux, mesuresd’urgence en cas de contact ennemi, schémas de manœuvre et définition des rôlesde chacun ne sont q’une partie de l’information que les soldats devrontmémoriser. «&amp;nbsp;Notre peloton escortera l’équipe de la Coopérationcivile/militaire qui assisteront à une &lt;i&gt;shura&lt;/i&gt;(réunion) avec les responsables du district d’Arghandab», dit-il avant que tousprennent leur poste dans leurs véhicules.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le convoi quitte le camp NathanSmith&amp;nbsp; pour le district d’Arghandab, aunord-ouest de la ville et en bordure de la rivière du même nom. De si bonneheure, le convoi rencontre peu de circulation automobile et le trajet sedéroule relativement sans embûche, mis à part une brève interruption radio. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Arrivés sur les lieux de la &lt;i&gt;shura&lt;/i&gt;, les fantassins se déploientrapidement sur le terrain afin de former un cordon de sécurité qui protégerales participants ainsi que l’interprète affecté à la tâche. La réunion, qui dureraenviron deux heures, portera sur plusieurs sujets de discussion, allant de lacollaboration des autorités civiles pour combattre l’insurrection jusqu’àl’implantation d’un système d’irrigation pour les terres agricoles. Les locauxvoudront parler des différents incidents impliquant les civils et lesmilitaires. Les représentants de l’ÉPR confirment avec eux les mesures àprendre pour éviter les accrochages et les coups de semonce et les rassurentque les intentions des militaires ne sont pas hostiles.&lt;br&gt;&lt;br&gt;L’élément de coopération civile/miliaire, constituée de réservistes, estformée spécialement pour prendre contact avec la population locale. Elle est deplus en plus familière avec les coutumes afghanes, ce qui l’aide grandementdans sa tâche. &lt;br&gt;&lt;br&gt;Dehors, une foule de curieux s’amasse autour du cordon. Les fantassins,alertes, sont à l’affût de signes et d’individus suspects qui pourraientprésager une attaque-suicide. Malgré qu’ils soient avant tout formés au combat,prendre contact avec la population, et ainsi tenter de gagner leur confiancefait aussi partie des tâches relatives à la sécurité. Selon leniveau de menace, certains soldats serrent des mains, tandis que d’autres serendent disponibles pour prendre des photos.&lt;br&gt;&lt;br&gt;Sur le chemin du retour, la circulation automobile est dense. Sur ledevant du véhicule de tête est posée une affiche ordonnant aux civils des’arrêter sur le bord de la route et de maintenir une distance précise avec leconvoi. Soudain, un véhicule continue sa route et semble se diriger sur leconvoi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Ciblepotentielle, à une heure!», rapporte le canonnier à son chef d’équipage. Latension monte alors que le commandant rapporte la situation au reste du convoi.Alors que les armes pointent sur le véhicule suspect, son conducteur se rend comptede sa bévue et se range sur le bord de la route. Le pire est évité et le convoi arrivefinalement à bon port. Mission accomplie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Mission-clé&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;Engénéral, la couverture médiatique de la mission afghane s’attarde aux combatsentre les soldats canadiens et les insurgés talibans. Ce volet de la missionest, encore une fois, très important et, dans le contexte actuel, est d’unegrande utilité, puisqu’il est le prélude aux opérations de L’Équipe Provincialede Reconstruction. Sans sécurité, pas de développement. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;La mission de L’ÉPRK représenteprobablement l’élément-clé de ce que nous cherchons à accomplir en Afghanistan.Aux «&amp;nbsp;trois C&amp;nbsp;» cités plus haut, j’en rajouterais deux quiviendraient fidéliser la couverture médiatique à la réalité&amp;nbsp;: constructionet coopération. &lt;/p&gt;</description>
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<pubDate>Sun, 07 Oct 2007 16:44:15 -0400</pubDate>
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<author>support@espacecanoe.com (EspaceCanoe)</author>
<title>Mon billet du 29 septembre</title>
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<description>&lt;p&gt;Au risque de sonner cliché, c’est quand nous sommes confrontés à des situations extrêmes que nous comprenons à quel point nous avons de la chance de vivre dans une société comme la nôtre.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;Et cette semaine, une de ces situations, qui pourrait constituer un plaidoyer en faveur de la gratuité des soins de santé, s’est manifestée à l’entrée principale du Camp Nathan Smith. &lt;BR&gt;&lt;BR&gt;Comme tous les dimanches, celui de cette semaine se révélait, jusqu’à ce moment, d’un calme plat. Notre principale activité constituait, jusque là, à se protéger d’un vent graduellement plus violent qui engendrait des mini-tornades de poussière venant s’écraser sur notre poste de garde, aménagé à-même un conteneur. &lt;BR&gt;&lt;BR&gt;À ce moment, toute l’action de l’après-midi se résumait à mon apprentissage du pashto et aux joutes verbales entre moi et Mohammed, l’interprète de service, sur des sujets allant des fondements communs entre l’Islam et le Christianisme aux différences vestimentaires entre les femmes de Kandahar et celles de Montréal. &lt;BR&gt;&lt;BR&gt;C’est un peu après midi que nos échanges culturels furent interrompus par un coup de téléphone venant du poste de garde de la police afghane, situé devant le nôtre.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;«&amp;nbsp;Chef&amp;nbsp;», me dit le policier (par l’entremise du traducteur), «&amp;nbsp;il y a une femme et deux enfants qui demandent à voir un médecin. Les deux sont gravement blessés&amp;nbsp;».&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;Je communique alors avec la section médicale, qui me répète d’abord la politique en ce qui a trait au traitement des Afghans par le médecin militaire. «&amp;nbsp;Normalement, ils doivent aller à l’hôpital de Kandahar&amp;nbsp;». &lt;BR&gt;&lt;BR&gt;Le hic, c’est que l’hôpital local, comme tous les services médicaux, sont payants ici.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&amp;nbsp;« J’ai deux enfants, assez mal en point, avec une vieille femme, qui n’ont pas l’air d’avoir les moyens d’y aller&amp;nbsp;», dis-je, avant d’avoir la confirmation du caporal Jobin qu’un technicien médical était en route vers le poste de garde afin d’évaluer la situation.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;Quelques minutes après avoir raccroché, le caporal Morrissette, technicien médical affecté à notre peloton, était déjà en train de diagnostiquer la nature des blessures du petit Sami, 3 ans, dont la maladie mentale expliquait l’absence de pleurs, mais dont les yeux humides et le regard creux criaient d’eux-mêmes. Nous lui avons donné un peu d’eau, non sans confirmer avec Mohammed que cela ne briserait en rien le jeûne du Ramadan. «&amp;nbsp;Aucun problème lorsque la situation médicale du pratiquant&amp;nbsp;le permet », dit-il en paraphrasant vaguement un passage du Coran.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;Ses avant-bras calcinés, dont la peau pelait déjà, étaient révélateurs de la nature de l’accident, tel que raconté par la vieille dame qui s’est présenté comme étant la grand-mère. Le gamin et son grand frère Nai, 13 ans, ont tenté d’allumer un feu de bois avec un bidon d’essence. Dû à sa condition, le plus jeune des frères n’a pu prendre conscience du fait que ses deux bras étaient aspergés de carburant avant d’allumer la flamme qui allait l’embraser. Nai a alors entrepris d’éteindre le feu qui dévorait sont frère et il a pu ainsi lui sauver la vie, non sans en payer un certain prix, qui s’élevait à une main – la gauche – brûlée au troisième degré.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;«&amp;nbsp;Hé «&amp;nbsp;Mo&amp;nbsp;», vas-tu les amener à l’intérieur?&amp;nbsp;», demandais-je au médic.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;«&amp;nbsp;Les blessures sont sérieuses, ont va s’en occuper&amp;nbsp;», de répondre celui que nous appelons affectueusement «&amp;nbsp;Mo&amp;nbsp;».&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;Ils disparurent quelques heures le temps de recevoir des traitements pour leurs brûlures, au grand soulagement de leur grand-mère qui s’attendait à devoir aller mendier la générosité des médecins de l’hôpital de Kandahar. &lt;BR&gt;&lt;BR&gt;«&amp;nbsp;Alors?&amp;nbsp;», demandais-je au caporal Morrissette.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;«&amp;nbsp;Ils reviennent demain pour un suivi. Ça aurait pu être très grave en cas d’infection.&amp;nbsp;», répondit-il, alors que la grand-mère reprenait ses petits-enfants pour les ramener à domicile. Nai affichait un air soulagé pour deux, ce qui compensait pour l’incapacité du petit Sami d’afficher la moindre émotion. Par contre son regard, une fois de plus, trahissait ses pensées, comme si ses yeux étaient véritablement une fenêtre sur l’esprit.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;Bien sûr, nous vivons dans un monde imparfait, et il est aussi important de la remettre en question que de poser les gestes nécessaires pour l’améliorer. Cependant, il est aussi crucial de relativiser et d’avoir une pensée pour celles et ceux pour qui un traitement médical d’urgence est un luxe qu’ils ne peuvent se permettre. Et se demander ce que nous pouvons faire pour eux. &lt;BR&gt;&lt;BR&gt;C’est en partie ce que nous essayons de faire ici.&lt;/P&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/P&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;</description>
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<pubDate>Mon, 01 Oct 2007 11:00:29 -0400</pubDate>
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<author>support@espacecanoe.com (EspaceCanoe)</author>
<title>Mon billet du 22 septembre</title>
<link>http://espace.canoe.ca/CaporalMForgues/blog/view/38861</link>
<description>&lt;p&gt;On parle souvent dans les médias des risques que les soldats canadiens courent jour après jour ici, sur le terrain.&lt;br&gt;&lt;br&gt;Cependant, on parle peu de ceux que courent les Afghans qui collaborent avec nous. Et cette semaine, la réalité est venue rattraper les membres de l’Équipe Provinciale de Reconstruction.&lt;br&gt;&lt;br&gt;Himayatullah, 23 ans, était originaire d’une petite province au nord-ouest de Kandahar.  Peu après l’instauration de la terreur du régime Taliban, sa famille a fui vers le Pakistan suite à de nombreuses menaces de mort. Après l’éviction des Talibans du pouvoir en 2001, il revient en Afghanistan et s’installe à Kandahar.&lt;br&gt;&lt;br&gt;« Rocky », comme nous l’appelions, détestait les Talibans. Il avait une anecdote savoureuse à ce sujet. Un jour où lui et ses camarades pratiquaient leurs techniques d’arts martiaux apprises au dernier cours, un groupe de Talibans en charge de la « promotion de la Vertu » vint interrompre leur séance afin de les forcer à prier, ce qu’ils firent, sous la menace. Après la prière, les agents du gouvernement tâchèrent de les châtier mais, tel l’arroseur arrosé, ce sont Rocky et sa bande qui procédèrent à décerner une raclée à leurs bourreaux. « Est-ce vraiment arrivé? », demandait-on à chaque fois qu’il racontait l’histoire. Il répondait presque toujours : « Croyez-moi ou non, mais j’ai tout de même passé les années suivantes au Pakistan ».&lt;br&gt;&lt;br&gt;Plus tard, son bilinguisme anglais/pashto lui permet de prendre un emploi comme interprète pour le compte de l’ÉPR, alors dirigée par les Américains. Lorsque les Canadiens reprennent le flambeau en 2004, il a continué à travailler comme interprète jusqu’à aujourd’hui.&lt;br&gt;&lt;br&gt;Rocky était l’incarnation du vent de changement qui souffle sur l’Afghanistan depuis quelques années. Lorsque je l’ai rencontré pour la première fois en juillet dernier, je voyais qu’il était différent des autres Afghans dont j’avais déjà fait connaissance. Au fil des conversations, j’ai découvert un jeune homme plein de contradictions, un peu à l’image du fossé qui sépare la conservatrice Kandahar d’une ville comme Kaboul, qui flirte de plus en plus avec la modernité occidentale. &lt;br&gt;&lt;br&gt;Fier de ses origines, son épaisse chevelure de jais et son teint basané et mât mettaient en évidence son héritage pachtoune. Il était très attaché à l’histoire et aux traditions de son pays. À l’inverse, il savourait pleinement les plaisirs hédonistes encore tabous dans une région comme Kandahar. Musulman sunnite comme presque tous les Pachtounes, il avait la foi et il priait cinq fois par jour. Du même coup, il avait un penchant prononcé pour l’alcool et les femmes. Plus souvent qu’autrement. Il aimait faire la fête et, lorsque les artistes canadiens viennent donner leur spectacle pour les troupes, il ne manquait jamais de sortir sa guitare et d’amuser la galerie.&lt;br&gt;&lt;br&gt;Il était d’une loyauté sans borne et il aurait donné la lune à ses amis. « Quand crois-tu revenir ici? », me demanda-t-il un jour où nous discutions du fait que je sois journaliste – quand je ne suis pas militaire - et que je caresse le projet de revenir ici un jour. « Tiens-moi au courant, je m’occuperai de tout. J’irai te chercher à Kaboul, je te procurerai des vêtements afghans, et tu n’auras à te soucier de rien ». Nous avions ceci en commun. Il projetait un jour d’émigrer aux États-Unis, où réside son oncle, afin d’aller à l’université pour y étudier en journalisme et en science politique. &lt;br&gt;&lt;br&gt;Malheureusement, ce jour n’arrivera pas. Vendredi dernier, alors qu’il circulait dans la Province d’Helmand en compagnie d’un contingent américain, Himayatullah a été victime d’une bombe artisanale détonnée par les insurgés. Son père et son cousin l’accompagnaient. &lt;br&gt;&lt;br&gt;La nouvelle fut tout un choc pour celles et ceux qui l’ont côtoyé. C’est le souvenir d’un ami qui croyait en l’avenir et en la modernisation de son pays que nous allons tous garder, et c’est pour se rappeler de son esprit festif que nous avons rebaptisé l’espace-loisirs de la compagnie de protection de la force « Rocky’s Corner ».&lt;br&gt;&lt;br&gt;Comme lui, les Afghans qui travaillent pour la coalition connaissent les risques inhérents à un tel engagement. Malgré tout, ils continuent de le faire jour après jour, poussés par un désir d’appuyer l’effort collectif nécessaire afin de remettre l’Afghanistan sur pied. Tel courage est, je crois, digne de mention et tous devraient avoir une pensée pour ces Afghans qui risquent leur vie non seulement pour nous étrangers, mais surtout pour ouvrir à leur pays une fenêtre d’espoir.&lt;/p&gt;</description>
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<pubDate>Fri, 21 Sep 2007 10:39:09 -0400</pubDate>
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<author>support@espacecanoe.com (EspaceCanoe)</author>
<title>Mon billet du 15 septembre</title>
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<description>Au moment où les plénières de la Commission Bouchard-Taylor provoquent mille et une discussions dans la Belle Province, les membres de l’Équipe Provinciale de Reconstruction se voient, de façon quotidienne, forcés de faire face à un type d’ennemi&amp;nbsp; autre que l’insurrection talibane.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;STRONG&gt;Nos propres préjugés&lt;/STRONG&gt;&lt;BR&gt;Tout le monde a ses propres idées préconçues, quelle qu’en soit la provenance. Et il serait, je crois, inapproprié de juger qui que soit pour cette raison.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;En ce début de Ramadan (le mois de jeûne musulman), nous devrons nous adapter à une multitude de rites religieux pratiqués par l’immense majorité de la population locale. Par exemple, éviter de manger ou boire en leur présence ou revoir nos horaires de rencontres en fonction de ce pilier de l’Islam. J’aimerais donc profiter de l’occasion pour faire la lumière sur plusieurs des différences qui existent entre les coutumes occidentales et afghanes.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;STRONG&gt;Du travail&lt;/STRONG&gt;&lt;BR&gt;Les Afghans ont une vision très différente de la nôtre en ce qui a trait au travail. Premièrement, le temps est, pour eux, une notion plutôt floue. Ils n’ont donc pas d’horaires fixes, malgré que notre tempo leur impose d’accomplir leurs tâches journalières à l’intérieur d’un certain cadre horaire. Ensuite, il n’existe pratiquement pas d’aire de repos ; il n’est pas rare de voir des travailleurs allongés un peu partout sur un chantier au gré de l’ombre disponible. De plus, le ratio travail/repos est plutôt inverse au nôtre, et les Afghans ont généralement la conversation facile durant le travail.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&amp;nbsp;De l’œil d’un observateur occidental, telle désinvolture sur un lieu de travail ressemblerait à de la paresse, à une absence d’organisation, et peut-être même à un manque d’intégrité personnelle. Cependant, il faut se rappeler du contexte local, où la chaleur écrasante déclenche à tout coup la chasse à l’ombre et épuise le corps beaucoup plus rapidement. De plus, malgré les apparences, les Afghans sont des gens très endurcis de par leurs conditions de vie. Lorsqu’ils travaillent, ils le font d’arrache-pied, souvent avec des moyens archaïques qui défient les lois courantes de la logique, de la physique et de la CSST. Combien de fois avons-nous vu des ouvriers locaux souder en sandales ou lancer quelques centaines de briques une par une à un collègue, un étage plus haut?&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;Certes, ils travaillent différemment, mais il est difficile de ne pas admirer la qualité d’un travail d’une étonnante précision, qui rivalise parfois avec celui de certains entrepreneurs occidentaux.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;STRONG&gt;Devine qui vient prendre le thé?&lt;/STRONG&gt;&lt;BR&gt;Combien de fois, au sein de nos cercles sociaux, déclinons-nous l’offre d’un café, thé, verre ou repas?&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;Tel refus ne nous paraît pas insultant. Ici, c’est une autre histoire.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;Les Afghans ont un sens de l’honneur très développé. Particulièrement pour les Pachtounes, dont les règles de vie sont régies par un code très strict nommé le Pashtun Wali, qui comprend les notions d’honneur, d’hospitalité, de grâce faite à l’ennemi vaincu et même de vengeance (afin de restituer l’honneur perdu).&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;Plusieurs Afghans ici nous offrent de partager le thé et même leur repas. Malgré que le contact fréquent avec les Occidentaux aient apporté un certain bémol sur leurs réactions, il reste de mauvais ton de refuser telle invitation. Les Afghans se perçoivent comme mettant beaucoup d’effort dans la perception qu’ont les autres d’eux, donc décliner une simple tasse de thé vient remettre en question l’intégrité de cette perception. Par contre, accepter volontiers crée entre les hôtes des liens qui se renforcissent au fil des discussions et des échanges qu’ils peuvent avoir. Bien que beaucoup d’Afghans soient très conservateurs et réfractaires aux coutumes qui leur sont étrangères, d’autres sont très curieux et cherchent à s’actualiser et à s’ouvrir sur un monde extérieur qui, par la force des choses, leur est de plus en plus accessible.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;STRONG&gt;Une question de respect&lt;/STRONG&gt;&lt;BR&gt;Bien sûr, certains faux-pas peuvent refroidir, ce serait-ce que temporairement, les relations entre nos deux cultures. Par exemple, demander à un Afghan comment va sa famille peut être interprété comme une remise en question de ses capacités en tant que chef de famille. De même s’adresser à sa femme devant lui est généralement vu comme un manque de respect.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;Ces faux-pas sont réciproques : exposer ces vues sur l’égalité homme-femme peut nous paraître offensant. Et je ne dis pas qu’il faut accepter la différence aveuglément, au contraire.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;Cependant, la clé demeure le respect mutuel. Chercher à se comprendre les uns des autres. Dans certains cas vécus ici, partager nos différences a provoqué plusieurs rapprochements et a, ne serait-ce qu’un peu, ouvert certains esprits des deux côtés.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;Voilà pourquoi il est important de passer outre nos préjugés, car derrière un être apparemment fermé se cache souvent un esprit curieux, mais craintif.</description>
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<pubDate>Sun, 16 Sep 2007 19:55:58 -0400</pubDate>
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<author>support@espacecanoe.com (EspaceCanoe)</author>
<title>Mon billet du 8 septembre</title>
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<description>&lt;P&gt;Les membres de l’Équipe Provinciale de Reconstruction ne sont pas occupés qu’à patrouiller le secteur de Kandahar, négocier des contrats de réfection de routes ou à implanter des programmes de prévention du crime. Nous avons également des temps libres que nous pouvons meubler grâce à des installations qui nous assurent une qualité de vie surprenante compte tenu de la nature de notre tâche.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;B&gt;Communiquer avec les siens&lt;BR&gt;&lt;/B&gt;Garder le contact avec nos proches est, il va sans dire, une condition &lt;I&gt;sine qua non &lt;/I&gt;au maintien du moral tant pour les troupes que pour les familles et amis que nous laissons derrière. Nous avons donc accès à un service téléphonique qui nous permet, à raison de 35 minutes par semaine, de se bercer les oreilles au son réconfortant de la voix de celles et ceux qui nous sont chers. Qui plus est, ces 35 minutes sont cumulatives, alors tout temps non utilisé s’accumule, ce qui permet de plus longues conversations pour quiconque a la patience nécessaire de se priver de téléphone pour une semaine ou deux. &lt;BR&gt;&lt;BR&gt;Également, huit stations internet nous permettent de vérifier nos courriels et de communiquer avec un plus grand éventail de parents et amis grâce à la magie du clavardage. Deux webcams avec microphone sont disponibles pour les vidéoconférences, dont le degré d’intimité n’est limité que par le nombre de personnes présentes dans la salle informatique! Le respect est de mise mais il n’est pas rare, dès qu’on entend la voix agacée d’un confrère tentant si bien que mal de professer son amour paternel malgré les délais de transmission, de déclencher un festival de blagues parfois douteuses mais toujours de bonne guerre :&lt;/P&gt;&lt;P&gt;«&amp;nbsp;Tu es là, papa&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» dit le jeune fils du caporal Untel.&lt;/P&gt;&lt;P&gt;-Cris…d’ordi qui «&amp;nbsp;lague&amp;nbsp;» de tabarn…&amp;nbsp;!, dit le caporal Untel.&lt;/P&gt;&lt;P&gt;-Qu’est que tu dis, papa?, demande le garçon de 6 ans. &lt;/P&gt;&lt;P&gt;-J’ai dit que papa t’aime et s’ennuie de toi, lui répond-il.&lt;/P&gt;&lt;P&gt;-C’est beau pôpa, donne l’exemple!, rajoute le soldat Chose.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;B&gt;Importer notre sport traditionnel&lt;BR&gt;&lt;/B&gt;Il n’était évidemment pas question pour un contingent canadien de passer une demi-année sans pouvoir pratiquer, de façon décente, notre sport traditionnel. &lt;BR&gt;&lt;BR&gt;Une surface de béton, aux dimensions proportionnelles à une vraie patinoire et munie de bandes de bois, est le théâtre d’affrontements épiques entre les différentes équipes de notre ligue de hockey-balle. Un beau prélude au début de saison de la LNH, que nous pourrons suivre tant bien que mal en fonction de nos tâches. Quelques Afghans se sont montrés curieux face à notre sport, certainement pittoresque de leur point de vue. Nous avons pensé à un échange sportif et culturel, mais les plans pour transformer la piste d’atterrissage en terrain de &lt;I&gt;buzkashi&lt;a target="_blank" href="http://espace.canoe.ca/warea#_ftn1"&gt;&lt;B&gt;[1]&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/I&gt;, le sport national local, ont été abandonnés pour des raisons opérationnelles…&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;En plus du hockey, nous avons une salle de conditionnement physique complète, qu’un grand nombre de militaires fréquentent. Que ce soit simplement pour garder la forme ou pour se sculpter un physique donnant l’autorité esthétique de se présenter sur une plage tel un coq dans un poulailler, tous ont leur raison.&amp;nbsp; &lt;BR&gt;&lt;BR&gt;La compagnie de protection, en plus, a son propre espace loisirs. «&amp;nbsp;L’embuscade&amp;nbsp;» (nommé ainsi par les membres de la compagnie) comprend tennis de table, «&amp;nbsp;baby-foot&amp;nbsp;», un jeu de darts et quelques chaises. Malheureusement, notre régime sans alcool nous empêche d’y déguster un succulent «&amp;nbsp;kamikaze&amp;nbsp;»…&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;B&gt;Unique en Afghanistan&lt;BR&gt;&lt;/B&gt;Mais le fleuron de cet éventail d’activités reste la piscine du Camp Nathan Smith, haut lieu de baignade et de bronzage fréquenté par la grande majorité de membres de l’ÉPR (en fait, il s’agit d’un ancien bassin de rétention spécialement aménagé). Nous sommes le seul camp de tout le contingent à pouvoir jouir de ce privilège, et nous louons le dieu de la distribution des camps de nous avoir accordé cette grâce. &lt;/P&gt;&lt;P&gt;Dans un contexte aussi hostile que le nôtre, où nous devons rester constamment alertes, de telles installations ne sont pas un luxe, et toute organisation qui a à cœur le moral de ses membres ne peut passer à côté.&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;Mais bon, on ne peut tout avoir ; à l’aéroport de Kandahar, eux, ils ont le Tim Horton’s…&lt;BR&gt;&lt;/P&gt;&lt;P&gt;&lt;a target="_blank" href="http://espace.canoe.ca/warea#_ftnref1"&gt;[1]&lt;/A&gt; Ce sport millénaire, qui se pratique à cheval, oppose deux équipes et consiste à s’emparer d’une carcasse de mouton et à la déposer dans un cercle afin d’obtenir un point.&lt;/P&gt;</description>
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<pubDate>Mon, 10 Sep 2007 15:01:13 -0400</pubDate>
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<author>support@espacecanoe.com (EspaceCanoe)</author>
<title>Mon billet du 1er septembre</title>
<link>http://espace.canoe.ca/CaporalMForgues/blog/view/30541</link>
<description>&lt;P&gt;Déjà presque un mois que j'écris cette chronique, et les commentaires que vous m'envoyez sont très nombreux.&lt;/P&gt;&lt;P&gt;Positifs pour la plupart, quelques-uns critiques envers la mission, mais jamais encore envers les troupes. Pour ça, je vous remercie beaucoup, chers lecteurs, et, croyez-moi, votre soutien ne passe pas inaperçu ici. Beaucoup d'entre vous communiquent avec moi par le biais de mon blogue sur Espace Canoë, et je lis vos commentaires chaque jour.&lt;/P&gt;&lt;P&gt;Parmi les différentes lettres, quelques questions m'ont été posées, et je prendrai le temps ici d'y répondre.&lt;/P&gt;&lt;P&gt;&lt;STRONG&gt;SI J'ÉTAIS AFGHAN...&lt;/STRONG&gt;&lt;/P&gt;&lt;P&gt;Un lecteur m'a demandé il y a quelques semaines: "Si tu étais un Afghan, quelle aide voudrais-tu recevoir de la part de la communauté internationale? "&lt;/P&gt;&lt;P&gt;Excellente question, bien sûr. Cependant, c'est difficile d'y répondre franchement, puisque je ne suis pas Afghan et que je n'ai passé ici qu'un maigre mois et demi jusqu'à maintenant. Par contre, mes observations, combinées aux nombreuses conversations que j'ai pu avoir avec des Afghans, me permettent de répertorier au moins quatre éléments.&lt;/P&gt;&lt;P&gt;Pour la population de Kandahar, une des préoccupations majeures est la sécurité. Plus de trois décennies de guerre et d'occupation ininterrompues ayant ravagé la région, il est difficile pour la population locale de satisfaire ses besoins les plus rudimentaires, donc l'aide internationale est indispensable. Malheureusement, la présente insurrection talibane freine ces efforts et les autorités locales n'ont pas encore la force nécessaire pour repousser les insurgés. C'est pourquoi nous travaillons à leurs côtés, afin de les appuyer le temps qu'ils acquièrent les moyens de prendre en main la dure tâche de stabiliser la région.&lt;/P&gt;&lt;P&gt;Également, l'électricité et l'eau potable se font rares dans la ville.&lt;/P&gt;&lt;P&gt;Plusieurs fois par semaine, le courant est coupé et seuls les privilégiés possédant une génératrice peuvent jouir de l'électricité de façon permanente. En ce qui a trait à l'eau, elle est très polluée par des déchets de toutes sortes. Des programmes d'épuration d'eau sont d'ailleurs en chantier à quelques endroits, mais il y a du pain sur la planche (ou, plutôt, de l'eau dans le moulin).&lt;/P&gt;&lt;P&gt;Finalement, ils veulent avoir confiance en leurs institutions politiques.&lt;/P&gt;&lt;P&gt;Pour se remettre en contexte, il faut se rappeler que le paysage politique de l'Afghanistan a été très malléable durant les dernières années, ce qui l'a rendu complexe. Talibans et chefs de guerre ont succédé aux Soviétiques.&lt;/P&gt;&lt;P&gt;Certains d'entre eux ont choisi d'abandonner la lutte armée et embrassé le processus politique, mais leurs actions passées ont rendu la population peu réceptive à leur message. Un de nos interprètes, Abdul, est d'ailleurs membre d'une organisation dont le but est de rapprocher les Afghans de leurs élus en tentant de faire abstraction de la période entre le passé et le présent.&lt;/P&gt;&lt;P&gt;&lt;STRONG&gt;QUE FAIRE POUR AIDER LES FAMILLES ?&lt;/STRONG&gt;&lt;/P&gt;&lt;P&gt;La question qui est revenue le plus souvent concerne le soutien aux familles de militaires. Plusieurs d'entre vous voudraient aider les conjoints et enfants de celles et ceux qui sont déployés avec moi. Certains ont proposé de s'impliquer directement avec les familles. Ce vent de générosité souffle jusqu'ici, croyez-moi.&lt;/P&gt;&lt;P&gt;La meilleure façon d'aider à laquelle je puisse penser est de contacter le Centre de la famille Valcartier (adresse ci-dessous) afin de connaître les options. Même si vous n'êtes pas de la région de Québec, ils sauront vous référer à un centre local.&lt;/P&gt;&lt;P&gt;Voilà. Je vous invite à me poser davantage de questions via l'adresse courriel de ma chronique ou via Espace Canoë. Il me fera plaisir de répondre régulièrement en direct de cette tribune.&lt;/P&gt;</description>
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<pubDate>Fri, 07 Sep 2007 09:43:31 -0400</pubDate>
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<author>support@espacecanoe.com (EspaceCanoe)</author>
<title>Mon billet du 25 août 2007</title>
<link>http://espace.canoe.ca/CaporalMForgues/blog/view/24131</link>
<description>&lt;p&gt;Parfois, il y a de ces histoires qui, malgré qu’elles semblent condamnées à errer dans l’oubli, méritent néanmoins d’être racontées. Et alors que les militaires du Royal 22e Régiment enterrent leurs premiers soldats décédés en sol afghan, en apprendre sur celles et ceux dont la tâche est de sauver des vies peut apporter un baume sur des blessures qui tardent à fermer.&lt;/P&gt;&lt;p&gt;De la mi-février à la fin de mars 2007, l’équipe médicale composée de l’adjudant Jules Bérubé, du caporal Nicholas Beaulieu et du caporal Langlois auront passé six semaines à sauver la vie de plus d’une quarantaine de soldats, policiers et civils afghans.&amp;nbsp;&lt;/P&gt;&lt;p&gt;Les membres sont tous originaires du Québec. L’adjudant Bérubé vient de St-Rédempteur, près de Québec, le caporal Beaulieu des Îles-de-la-Madeleine et le caporal Langlois, de Montréal. En tant que réserviste, ce dernier a dû quitter son emploi d’ambulancier afin de participer à cette mission qui allait changer sa vie et celle de ses coéquipiers.&lt;/P&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Des cas majeurs par dizaines&lt;BR&gt;&lt;/B&gt;L’histoire se déroule sur une base d’opérations avancée située en périphérie de Kandahar. À ce moment, d’importantes opérations impliquant les forces de sécurité afghanes (police et armée nationales) ont lieu.&lt;/P&gt;&lt;p&gt;Ironie du sort, le soir de leur arrivée, le trio avait convenu de faire un exercice simulé le lendemain. Mais dès le petit matin, ils recevaient leur première blessure par balle et alors qu’ils s’affairaient à traiter la victime, une autre faisait son entrée, un bras en moins.&lt;/P&gt;&lt;p&gt;Les installations médicales étaient très austères, l’équipe devant partager un petit édifice en béton de trois pièces avec d’autres organisations.&amp;nbsp; &lt;/P&gt;&lt;p&gt;Les combats ont fait rage durant des semaines, et le nombre de victimes augmentait chaque jour. L’équipe de l’adjudant Bérubé a procédé à de multiples opérations majeures qui ont sauvé la vie des victimes, allant des traitements pour blessures par balles en passant par des brûlures au 2e et 3e degré. L’étendue de leur maîtrise des techniques médicales de campagne a été testée à maintes reprises, à plus forte raison lors de deux situations où ils ont eu affaire à des blessés multiples allant jusqu’à neuf patients.&lt;/P&gt;&lt;p&gt;Plus tard, trois Afghans qui cognaient à la porte du trio, cherchant désespérément une chance de salut. Un d’entre eux est décédé à leur arrivée, mais l’équipe est parvenue à sauver les deux autres, malgré qu’il fût présumé que ces civils étaient des insurgés ou des criminels, une escarmouche impliquant de tels groupes ayant eu lieu peu avant. Ici, l’importance de sauver des vies a supplanté les impératifs politiques au chapitre des priorités de l’équipe.&lt;/P&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Pédiatrie de combat&lt;BR&gt;&lt;/B&gt;Un de leurs plus beaux souvenirs est celui d’un enfant de 12 ans, gravement brûlé après avoir été pris au milieu d’un combat. Leurs efforts furent récompensés car, malgré les risques de décès par septicémie (une grave infection du sang) très élevés, le jeune garçon est revenu un mois plus tard, transporté par son père dans une brouette, souffrant seulement d’une infection mineure.&lt;/P&gt;&lt;p&gt;Malheureusement, toutes les histoires ne peuvent bien finir. Le cas d’une fillette de cinq ans, blessée mortellement par une bombe artisanale et décédée sur la table d’opération, a été un coup dur à encaisser pour l’équipe. C’est à ce moment qu’ils ont perdu ce sentiment d’immunité face à la dure réalité afghane qu’ils croyaient avoir développé au fil de leurs succès.&lt;/P&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Prise de conscience&lt;BR&gt;&lt;/B&gt;Depuis le début de la mission afghane, rarement une équipe médicale canadienne a pu autant mettre leur expertise à l’épreuve dans de telles conditions. Cette expérience restera gravée à jamais dans la mémoire des trois techniciens médicaux, et sûrement leur histoire en inspirera d’autres.&lt;/P&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Les petits gestes comptent&amp;nbsp;», dit l’adjudant Bérubé. «&amp;nbsp;Comme les astronautes qui, voyant la Terre du haut de l’espace, prennent conscience de sa fragilité, voir et vivre la réalité de ce pays fait réaliser combien notre rôle y est important&amp;nbsp;».&lt;/P&gt;&lt;p&gt;De pouvoir témoigner d’un tel professionnalisme est, pour moi, une chance inouïe. Car au travers de toute l’adversité qui fait partie de notre tâche, de tels exemples ne peuvent que servir de phare pour nous guider vers son accomplissement.&amp;nbsp;&lt;/P&gt;</description>
<category>none</category>
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<pubDate>Sun, 26 Aug 2007 15:50:50 -0400</pubDate>
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