Prince Harry au pays des Talibans
29 fév. 08, 01h39
La grosse nouvelle ici depuis quelques heures est l'annonce de la présence du Prince Harry au front dans la province voisine de Helmand. C'est le site internet américain The Drudge Report qui a éventé hier jeudi ce gros secret. Deux médias allemands et australiens ont vite emboîté le pas. Ce qui est à peine croyable, c'est non seulement que le Prince est en Afghanistan depuis la mi-décembre, mais qu'il aurait séjourné icognito dans la grande base de la coalition pendant quelques jours au milieu de milliers de soldats et des quelques journalistes canadiens. Quant aux médias britanniques, ils s'étaient engagés à maintenir un embargo jusqu'à la fin de son séjour afghan pour des motifs de sécurité. En contrepartie, ils avaient eu le droit de lui rendre visite sur le terrain.Le fils cadet du Prince Charles participe aux opérations comme n'importe quel soldat, dit-on. Ce soldat pas vraiment comme les autres semble même ravi de cette vie trépidante. Porter les mêmes vêtements crasseux pendant plusieurs jours n'est pas sans lui déplaire, a t-il confié aux journalistes. Inutile de dire que la publication de cette nouvelle a mis en furie sa hiérarchie. En haut lieu à Londres, on dit réfléchir à son avenir en Afghanistan. Pour les Talibans, le petit prince est devenu une cible de choix dorénavant. Une sorte d'Ingrid Bétancourt en puissance.
Mes trois collègues anglophones de Global TV et du National Post ont goûté eux-aussi à la mauvaise humeur d'un haut-gradé britannique alors qu'ils tentaient hier soir de recueillir les impressions des soldats de sa gracieuse majesté. Celui-ci est entré dans une colère noire, leur intimant l'ordre de ne pas bouger comme s'ils étaient de dangereux terroristes. Une autre histoire, moins comique celle-là , secoue le milieu journalistique. Jawed Ahmad, un journaliste afghan de 22 ans connu sous le surnom de Jojo qui travaillait comme fixer avec la chaine de télévision CTV est emprisonné sur la base américaine de Bagram depuis quelques semaines. Il a été arrêté ici en novembre dernier par les américains qui l'accusent d'être un «combattant ennemi illégal». Ceux-ci lui reprochent d'avoir entretenu des contacts avec les Talibans. On aurait même retrouvé des numéros de téléphone de responsables de la rebellion dans son cellulaire. Pour ceux qui ne le savent pas, le fixer est un élément clé pour tout journaliste envoyé dans un pays étranger. C'est une sorte de guide-interprête-chauffeur, avec un carnet d'adresse bien rempli, qui vous ouvre les portes, facilite vos contacts. En général, ce sont des journalistes, ou bien des étudiants. À priori, que Jojo ait des numéros de téléphone de porte-paroles Talibans n'a rien d'étonnant. Certains de ces numéros sont mentionnés dans certains sites internet, y compris en français, relayant les communiqués des jihadistes d'Afghanistan ou d'Iraq. J'ai moi-même envoyé récemment un courriel à un de ces individus. Dois-je craindre d'être arrêté moi-aussi ? A t-on affaire à une nouvelle tentative pour baillonner les médias qui veulent s'écarter de la voie officielle alors que le conflit s'enlise ?  Ces questions méritent d'être posées. En revanche, si Jojo était vraiment un agent double, cela va en faire réfléchir plus d'un. Ce sont ces fixers qui viennent nous chercher à la base pour nous accompagner en reportage à Kandahar par exemple. Comment peut-on être certain à l'avenir que l'un d'eux ne sera pas tenté de nous vendre. Rappelez-vous l'histoire de Daniel Pearl.
PS : aux dernières nouvelles, Harry a quitté Kandahar vendredi soir en direction de l'Angleterre.
PS : aux dernières nouvelles, Harry a quitté Kandahar vendredi soir en direction de l'Angleterre.
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Catégories: Actualité, Célébrités
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